X-messengers

9h du matin, New York, les grosses multinationales ouvrent leurs portes en quête de nouveaux bénéfices prolifiques, les marchés commencent tout juste à s’affoler dans un sens ou dans l’autre, Wall Street s’apprête à faire décoller Nasdaq et autre Dow Jones… Pourtant cette économie symbole de notre capitalisme moderne repose sur Travis, Sebastian, Musampa ou encore David. Mais qui sont ces pontes de notre économie? Eh bien ce sont 4 Bike messengers, autrement dit coursiers à vélo, parmi les 2000 qui circulent à New York. Tremblez actionnaires, vos dividendes sont  entre les mains de pur « trasher ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit, toute l’économie new-yorkaise dépend de ces Bike messengers chargés d’apporter plis confidentiels, résultats de la veille ou chiffres d’affaires des sociétés dans les plus bref délais et au péril de leur vie. Leur efficacité est telle qu’ils sont devenus incontournables. Et nombreuses sont les sociétés américaines à préférer envoyer un coursier à vélo plutôt qu’une lettre. Mais cette efficacité a un prix : une vingtaine de coursiers sont morts en 2005 à New York et 7 à Londres. Car le phénomène a su s’exporter au-delà de son berceau new-yorkais, et nombreuses sont les villes à avoir emboîté le pas à la fin des années 80 : Amsterdam, Berlin, Détroit, Sydney… et même Paris.


Les Bikes messengers sont rapidement devenus des icônes outre atlantique, symbolisant une culture urbaine noyée entre « street culture » et culture économique. Les Bike messengers étant une sorte de crossover urbain, apportant leurs colisfinanciers flanqués de leur tatouage du Che Guevarra ou de leur crête. Car il est là tout le paradoxe de ces coursiers : combien gagneront 1/10ème du salaire des PDG qui leur font parcourir New York au péril de leur vie ? Dans un pays adepte de symbole, les Bikes messengers ont su s’imposer au plus grand nombre. Rappelez vous le célèbre jeu « Paper Boy », croyez vous vraiment qu’il est issu seulement de l’imagination débridée d’un jeune créatif voulant mettre en scène un innocent porteur de journaux ?
Alors oui, l’email a remis en cause leur efficacité. En effet, quoi de plus rapide que d’envoyer un email. Mais le symbole est tenace et les Bikes messengers n’ont pas encore disparu, bien au contraire.
Dans une ville meurtrie par les attentats du 11 septembre, où les habitants se raccrochent aux moindres symboles de leur identité, les Bikes messengers font « partis des meubles ». Ils continueront donc à prendre tous les risques pour que nous puissions manger au Mc Do, regarder MTV, boire du Coca et surtout fêter Halloween. Espérons juste qu’il n’y aura pas trop de Bike messengers qui resteront allongés au bord de la route.

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