FRED MORTAGNE: FRENCH FRED

FRED MORTAGNE: FRENCH FRED
FRED MORTAGNE: FRENCH FRED

Si on devait citer l'interview qui s'est le mieux déroulé dans tous les Swedge Magazine, je pense qu'on hésiterait entre Darren Tulett et Fred Mortagne. Si nous auront largement le temps de revenir sur le premier, nous parlerons aujourd'hui du second. Je peux vous assurer qu'on en a vu des starlettes même à Swedge magazine. Par exemple est-ce que quelqu'un se souvient d'Emma Daumas ? Ben nous oui... On avait eut un bon contact avec son « tour manager », et on s'était dit Emma Daumas pourquoi pas ? Bon, on a été un peu refroidi quand on nous a expliqué qu'il fallait contacter le « chef produit Emma Daumas »... pour finalement ne jamais avoir de réponse, trop « over booké ». Peut être aurions nous plus de chance aujourd'hui.


Mais nous nous éloignons de notre sujet. En fait Fred Mortagne c'est tout le contraire! Faut quant même se dire que ce gars là est une légende dans le milieu du Skate. Cela ne l’a pas empêché de rester les pieds sur terre. Il nous a répondu en toute simplicité, n'a pas hésité à nous fournir gracieusement des photos de son travail, il a même accepté qu'on fasse la couv’ avec. Un bonheur quoi. J'en dis pas plus et je vous laisse (re)découvrir son portrait accompagné de l'interview.

 

On serait tenté de ranger Fred Mortagne dans la case «petit frenchy qui a réussi aux States». Le problème c’est que cela est vraiment trop réducteur, voir faux. D’abord parce que Fred a réussi un peu partout dans le monde, surtout en Europe, et puis ce n’est pas parce que les grosses marques sont aux USA qu’il faut uniquement regarder là-bas. Faudrait pas oublier des marques comme Cliché non plus.
Fred Mortagne a donc su imposer sa griffe au point de devenir un des meilleurs réalisateurs de vidéos de skate, un genre certes particulier, mais très populaire outre-atlantique.
C’est d’ailleurs peut être pour ça qu’on a tendance à associer Fred aux States. Tout simplement parce que le skate est ultra porteur aux USA et très confidentiel en France.
Fred Mortagne a notamment réalisé certains monuments de la vidéo skate, tel que la «Flip sorry» et «MENIKMATI». Il a travaillé pour certaines grosses marques comme ES ou Vans. Mais Fred est aussi un photographe de talent et vous pourrez retrouver beaucoup de ces oeuvres sur son site.
Donc profitez en bien ce n’est pas tous les jours que vous verrez de telle légende dans Swedge…

 

Salut, donne nous un peu de tes nouvelles.
Cette année est enfin cool, dans le sens où je ne bosse pas tous les jours super intensément. Ça fait du bien. J’avais trop enchainé dernièrement, alors j’en profite un peu là. Je réfléchis à des nouveaux trucs, mais à la cool, pas de stress...
Je viens de faire une nouvelle pub TV pour Vans avec Geoff Rowley, c’était cool, j’aime bien les petits projets en ce moment...


Tu es parti un petit moment aux States, qu’as-tu trouvé de plus chez les skateurs ricains ?
En fait, quand je vais aux US c’est surtout pour faire des trucs avec Geoff Rowley et
ses collègues de Flip, donc bein même là-bas je bosse essentiellement avec des européens... Les ricains, c’est bien à petite dose, quand ils sont de passage vers chez nous!!!


D’ailleurs, techniquement les européens ont-ils vraiment quelque chose à leur envier?
Peut être au niveau des gros trucs, genre énormes rails et marches, mais est-ce vraiment enviable. Non c’est bien ils font leur trucs, et ça paye... Les vidéos Cliché sont très appréciées aux US, ils viennent de recevoir le trophée du meilleur team 2005 aux Transworld awards, ils intégrent les teams de grosses marques de chaussures, de vêtements... C’est bien de voir que les mentalités changent, que les ricains s’intéressent et respectent enfin l’Europe... Plus besoin d’être un cascadeur pour être le meilleur, c’est cool.

 

Tu as réalisé quelques des vidéos cultes telles que la Flip sorry ou la MENIKMATI, comment es-tu arrivé jusque là ?
En poussant poussant poussant, et en y allant au culot aussi.. J’ai fais plein de vidéo locales, sur la scène lyonnaise... Je me suis démerdé pour contacter des ricains, ce qui m’a permis de faire des trucs avec 411, ce qui m’a apporté une crédibilité par la suite quand j’ai commencé à faire des trucs avec Etnies... Pierre-André Sénizergues m’a confié la réalisation d’une vidéo avec les teams européens de Es, Etnies et Emerica, qui est tombée à l’eau en cours de réalisation... Mais du coup j’étais en bon contact avec eux, je savais qu’ils voulaient faire une vidéo Es, mais n’avaient personne à ce moment là... Alors j’ai fais un peu le forcing...

 

C’est quoi la principale contrainte quand tu réalises une vidéo de skate ?
Réunir tous les ingrédients de la bonne soupe. Du bon skate, intéressant et original, bien filmé, bien monté, avec une bande son fusionnant avec les images, et qui donne la motive, le tout donnant une bonne image à la marque... Bref, une vidéo de skate, ça doit donner envie d’aller skater après qu’on l’ait regardé, un point c’est tout.

 

Aujourd’hui tu es plus porté vers la photo je crois, pourquoi ce changement ?
Non non. Je n’arriverais jamais à complètement mettre de coté l’une de ces deux activités. Elles sont trop complémentaires mais également trop interessantes de façon individuelle. Donc j’alterne, j’associe, mais je ne plonge pas plus d’un côté ou de l’autre... Là je viens d’avoir une année plutôt vidéo, tournage et montage, j’ai pas beaucoup fais chauffer les appareils photos. Et du coup ça me manque. Donc en ce moment la motive est de shooter à nouveau plus.

 

J’ai remarqué que tu faisais beaucoup de noir et blanc, c’est moi ou bien tu préfères vraiment ce mode?
En photo, oui je préfère le noir et blanc, la couleur souvent n’apporte rien, et j’aime bien donner un côté intemporel à mes photos... Je fais quand même pas mal de couleur, mais jamais en recherchant des couleurs naturelles. J’aime bien retranscrire la réalité de façon un peu différente. Je n’ai pas envie de voir sur mes photos les choses de la même façon que je peut les voir tous les jours dans la vie, pas la peine de copier la nature!

 

Tu comptes rester dans le milieu du skate pour la suite, ou vas-tu « t’exporter » vers d’autres horizons ?
Oui j’ai envie de me confronter à d’autres milieux, toujours dans le souci d’éviter une certaine routine... C’est bien pour s’enrichir aussi, progresser et élargir son champ d’action. On ne peut pas refaire indéfiniment les mêmes choses, même si ça marche, je préfére prendre des risques pour entretenir l’interêt et la motivation...
Mais je ferais toujours des trucs autour de la culture skate quoi qu’il arrive, même si c’est pas forcément de l’action pure et dure....


Retour Le 11 / 06 / 2008
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