The full emo

Après Alexisonfire le mois dernier, on reste au Canada pour découvrir cette fois « The fully Down ».
A l’origine du groupe, une bande de potes, près d’Ottawa, qui décide de faire la musique qui leur ressemble. Dès 1999, ils arpentent les routes pour faire découvrir leur musique. En 2003, The Fully Down connaît quelques changements dans le groupe et accueille de nouveaux musiciens pour se retrouver à trois guitares ! Et ça marche. Tous ceux qui ont eu un groupe connaissent le problème. Il y a toujours un pote qui débarque d’on ne sait où pour jouer avec vous ; problème vous êtes déjà deux guitares. Eh bien The fully Down a résolu le problème avec brio, il faut dire. Les trois guitares sont très bien utilisées rendant leur musique super riche à la fois mélodiquement et rythmiquement. Ajoutez à cela un cocktail d’influences assez variées, et vous obtenez le très bon « Don’t Get Lost In A Movement ».
Pour finir, ajoutons que The fully Down est un groupe ultra scénique. A tel point qu’Alternative Press Magazine les a désigné, en 2004, meilleur groupe du Warped tour (région nord-est / Canada).

Interview

Salut Gabriel. The fully Down serait à la croisée des chemins entre Iron Maiden et Thrice, tu peux nous présenter le groupe ?
Je suis encore impressionné de la chimie du groupe. Au lieu d’être un gars qui engage d’autres musiciens, c’est 6 bons amis qui jouent de la musique ensemble. Je suis le cadet du groupe (d’ami), mais déjà, je me sens comme si on se connaîssait depuis dix ans.

J’ai l’impression que votre musique va bien au-delà du punk/emo-core, par exemple dans « Cost of comfort » j’ai eu la sensation d’entendre des passages entre new wave, ska et electro.
C’est encore une démonstration de notre manière d’écrire. Ce n’est pas seulement une personne qui écrit, chaque membre y ajoute du sien, donc le résultat, c’est d’avoir des styles de musique intégrés dans d’autres styles de musique.  Moi-même, je suis un gros fan de musique électronique, alors on y retrouvera beaucoup de synthé. On aime aussi avoir un enregistrement complexe, au point de vue arrangement de la musique.

Vous n’avez pas arrêté de tourner depuis février 2004 ! Et apparemment ce n’est pas prêt de s’arrêter. Vous êtes un vrai groupe de scène donc?
Ça va sans dire. Je crois que c’est une partie intégrale d’être dans un groupe rock. Par exemple, tu peux avoir des pubs partout, mais si tu n’appuies pas ces pubs avec des tournées, tu n’avanceras pas. En plus, c’est l’élément qui nous attire le plus. On aime écrire, enregistrer, et tout ça, mais c’est en tournée qu’on s’amuse le plus. On voyage, on joue de la musique, et on plaisante. Quoi de mieux ?

D’ailleurs aura-t-on la chance de vous voir bientôt en France ?
Je l’espère bien. On vient de rencontrer un groupe qui s’appelle I Am The Avalanche, et ils sont tous vraiment sympas. On s’est entendu extrêmement bien avec eux, donc ils nous ont proposé de nous emmener en Europe la prochaine fois qu’ils y allaient. Alors c’est possible.

Votre  dernier album vient de sortir, qu’en espérez-vous ?
Pour  cet album, on espère qu’il se vende et que les gens l’aiment. D’un autre côté, on se fout de ce que le disque fera, car en fin de compte, on a enregistré l’album que nous  aimerions entendre. Donc, si les gens l’aiment, tant mieux, et si les gens ne l’aiment pas, au moins on a un album qu’on sera capable d’écouter, et non d’oublier.L’album s’appelle  “Don’t Get Lost In A Movement”, ce qui en français voudrait dire « Ne te perd pas dans un movement » (si je ne me trompe pas). Une explication concernant ce titre ?
Ça veut dire «ouvre tes yeux, pense différemment, ne croit pas qu’il n’y a qu’un chemin dans la vie». On remarquait (avant et pendant l’enregistrement du disque) que les jeunes (non pas que l’on soit vieux!) étaient têtus, d’un point de vue social. Ils s’associent à un mouvement et pensent que ce mouvement est le seul moyen de vivre. Ceci crée une ségrégation de plus, dans un monde déjà tellement divisé. Ce n’est pas bon.

Vous avez trois guitares dans le groupe, ce qui vous donne un son puissant bien à vous. Cela n’est pas trop dur à gérer en live ?
Haha…On se fait tout le temps taquiner à cause de nos trois guitares. Mais on est un groupe qui aime changer et rechanger nos chansons en live. Donc, si quelqu’un n’est pas satisfait de son riff, il peut le changer, tant que ça ne change pas la direction de la chanson. On a trois guitares, mais on les utilise ! On connaît des groupes qui ont trois guitares, mais ils en ont clairement pas besoin de trois.

As-tu déjà pensé à écrire une chanson en français, au moins pour le fun ?
Hahaha…um, oui, mais les gars m’arracheraient la tête…Non, étant le seul français du groupe, je peux le faire, mais je ne crois pas que les gars y verraient du plaisir. Non pas qu’ils n’aiment pas le français, c’est juste qu’ils sont moins ouverts à ces choses. Par contre, pendant les répets, je chante quelques mots en français, pour les taquiner. D’ailleurs, pendant notre première tournée avec le Warped Tour, j’ai chanté deux sets complets en français, un à Montréal, et l’autre à Québec. Pour moi, c’était marrant.

Je te laisse le mot de la fin…
Uh, je dois remercier tout les gens qui ont acheté l’album, et j’espère être capable de faire une tournée en Europe bientôt ! À plus !

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